Le Sénégal est connu comme le pays de la Teranga. « Teranga » signifie « hospitalité » en wolof. En effet, les Sénégalais aiment partager leur culture, leurs traditions et faire découvrir leur pays aux visiteurs. Il y toujours eu un fort brassage culturel au Sénégal, notamment par les différences culturelles entre les différentes ethnies (et différentes régions) du pays. Les Sénégalais que vous rencontrez feront tout pour que vous vous sentiez comme chez vous. Pour eux, recevoir et partager avec un étranger sont un réel plaisir. Ainsi, lorsque les Sénégalais se saluent, ils disent toujours « ça va ? » ou « nanga def ? ». En France, nous avons aussi l’habitude de dire « ça va ? » à nos amis et notre famille, mais ici, cette formule accompagne toutes les salutations, même celles avec un inconnu, un taxi-man, un banquier… De plus, les Sénégalais adorent tester les connaissances des toubabs en wolof. Ils aiment vous taquiner si vous ne comprenez rien, et sont ravis si vous savez répondre. Aujourd’hui, j’ai dit « Salam aleykoum » en rentrant dans une boutique. Le « boutiquier », de dos, m’a répondu « Maleykoum salam », j’ai enchaîné avec « ça va? » (même entre deux Sénégalais, à Dakar il est courant d’utiliser « ça va? » en français). Le boutiquier s’est retourné et a vu que j’étais une toubab. Surpris, il m’a dit « Degg nga wolof ? », j’ai répondu « tuuti rek » (« tu parles wolof ? – Un peu seulement »). Il avait le sourire jusqu’aux oreilles, et a été ravi de m’aider à trouver ce que je cherchais.

Le repas

Lorsque les familles sénégalaises préparent à manger, elles ne mesurent pas les quantités. D’abord parce que les familles sont généralement nombreuses et mangent ensemble dans un même plat. De plus, il y a toujours une place pour l’imprévu. Ainsi, si une personne (ou même plusieurs) arrive à l’improviste, il y aura toujours à manger pour elle. Si vous n’êtes pas Sénégalais, il est encore plus important de bien vous recevoir, de montrer cette teranga. Ainsi, on veille à ce que vous soyez bien installé autour du plat, on vous donne un petit banc (même si les autres sont accroupis par terre) et une cuillère. Aujourd’hui, il arrive souvent que les Sénégalais mangent avec une cuillère, mais traditionnellement c’est avec la main (la main droite uniquement car la gauche est réservée à la toilette).

 

 

Une fois que tout le monde est installé, une personne (ou plusieurs) dit « bismilah », en signe de bénédiction du plat (ils remercient Dieu de leur offrir cette nourriture). Chacun mange ce qui se trouve devant lui. Le poisson ou la viande se trouve généralement posé au-dessus du riz (car les plats sont bien souvent composés de riz) et de la sauce. Les légumes sont disposés autour. En tant qu’invité, vos hôtes veillent à ce que vous ayez accès à la viande et aux légumes et en disposent régulièrement devant vous. Si vos hôtes remarquent que vous ne mangez pas beaucoup, ils insistent en disant « mange ! » ou « lekkal » en wolof. Lorsque l’on a suffisamment mangé, on pose la cuillère sur le côté du plat et on se lève. Si quelqu’un quitte le repas trop rapidement, les autres insisteront pour qu’il mange. Si vous êtes un invité, encore une fois, l’insistance sera plus grande. C’est alors que commence une « bataille » pour faire comprendre que vous avez suffisamment mangé : « Margot, mange ! Mange ! – C’est bon merci, j’ai assez mangé. – Mange ! – Baax naa (c’est bon) merci ! » Avec le temps, je suis devenue plus ferme pour réussir à les convaincre que c’est assez, mais au début je me retrouvais souvent à devoir continuer de manger. C’est vrai qu’il est difficile de refuser quand on voit à quel point ça leur fait plaisir de nous inviter, et comme c’est important pour eux qu’on ait suffisamment mangé.

Après le repas, on peut vous servir des « jus » : bissap (boisson rouge servie dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, faite avec des fleurs d’hibiscus séchées), bouye (boisson épaisse blanchâtre faite à partir du fruit de baobab, le pain de singe), ou des jus de fruits ou sodas industriels.

Team Bissap VS Team Bouye : je suis Team Bissap forever !

bissap

Le thé, Ataya

Plus tard dans l’après-midi, le thé est préparé. La cérémonie du thé traditionnel est appelé Ataya. Cette cérémonie, c’est le moment où le thé est préparé, avec des étapes précises, connues de tout bon Sénégalais. Se réunir autour du thé, c’est comme se réunir autour de l’apéro en France, c’est surtout un prétexte pour être ensemble et discuter. Le thé est fait dans une théière en fer, posée sur un petit foyer de charbon. On parle de la préparation comme une « cérémonie » car elle prend du temps, et ne doit jamais être précipitée. D’abord, les feuilles de menthe infusent dans un peu d’eau avec du sucre. Ensuite, les feuilles de thé sont ajoutées. Quand l’eau boue, la théière doit être enlevée du feu. Le thé est ensuite servi dans deux petits verres, en levant la théière de bas en haut. Le préparateur prend un verre, qu’il verse dans le troisième, toujours en levant de bas en haut. Et ainsi de suite avec le verre vide. Le but est d’obtenir une belle mousse et refroidir légèrement le thé. Il reverse ensuite les verres dans la théière, et recommence l’opération. Le thé se boit en trois fois. La première infusion est très amère, puis elle s’adoucit jusqu’à la troisième infusion.

Il y a une expression qui dit « Le premier est amer comme la mort. Le deuxième est doux comme la vie. Le troisième est sucré comme l’amour ».  Lorsque l’on a fini son verre, on le rend au préparateur, qui peut donc le rincer et le remplir à nouveau pour servir quelqu’un d’autre. En effet, il n’y a en général que trois verres. Ce thé vient des Touaregs du désert (peuple nomade) : boire une boisson chaude quand il fait chaud permet de transpirer et évacuer la chaleur de son corps.

Pour finir sur la teranga, « le célèbre chanteur Sénégalais Youssou N’dour chante cette grande qualité sénégalaise et critique ceux qui ne la respecte plus dans le titre Tourista. Paroles de la chanson :

Notre hospitalité est une fierté nationale

L’orateur glorifie l’hospitalité sénégalaise

Le chanteur fait les éloges de l’hospitalité sénégalaise

L’écrivain vante l’hospitalité sénégalaise

Comme nous en faisons une fierté nationale

Nous devons la partager à travers nos faits et gestes

Quand nous accueillons des étrangers

Nous devons leur offrir cette hospitalité

Afin qu’ils gardent de bons souvenirs de notre pays »

 

Pour en savoir plus sur la Teranga sénégalaise : La Téranga, une authentique hospitalité

 

 

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